Jeudi, 12 Février

Homélie du 30 Novembre 2025. 1er Dimanche de l'Avent. Bertrand Caux, diacre

Nous voici au début d’une année liturgique nouvelle, dite l’année A. Cette nouvelle année débute avec le premier dimanche de l’Avent, un Temps d’attente et de préparation à la joie de Noël.

Nous nous préparons à célébrer les merveilles de Dieu avec le don inouï de la naissance de Jésus, vrai Dieu et vrai Homme. Par sa mort et sa résurrection, il nous a sauvé de la mort que produit le péché et ouvert les portes de la Vie éternelle, la vie avec Dieu. A nous, les baptisés, d’en vivre et d’en être les témoins.

En ce premier dimanche de l’Avent, la liturgie nous invite à méditer sur ce passage de l’évangile de Matthieu que nous venons d’entendre. Curieusement, celui-ci a été choisi vers la fin de l’évangile, puisqu’il se trouve dans le chapitre 24, alors que Jésus se prépare à affronter la mort.

Nous aurions pu nous attendre à un choix différent avec un passage proche du début de l’évangile.

Mais ce choix a l’avantage de nous interroger et favoriser ainsi notre attention.

Que retirer de ce passage d’évangile pour notre vie de foi ?

En s’adressant aux disciples, et donc à nous aujourd’hui, Jésus nous dit :« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du fils de l’homme ».

L’appellation « fils de l’homme » fait bien sûr référence à Jésus lui-même en ce sens que c’est ainsi qu’il se nommait, mais elle fait aussi référence à la vision du prophète Daniel sur la fin des temps avec la venue, depuis les nuées, d’un fils d’homme en gloire.

Nous pouvons ainsi comprendre que Jésus fait référence aux fins dernières et à son retour dans la gloire. Il nous invite alors à fixer notre regard vers notre destinée.

En établissant un parallèle entre l’histoire de Noé, et la venue du fils de l’homme, Jésus veut nous dire que personne ne peut savoir quand surviendra la fin des temps. Personne ne peut en connaitre le jour et l’heure. Nous pouvons seulement nous y préparer.

En effet, comme le dit Jésus : « Aux jours de Noé… les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis ». Oui, les gens ne se doutaient de rien. Ainsi, il est bien impossible de prévoir la fin des temps, même si certains ont osé et osent encore avancer des dates.

Le fait que Noé ait été sauvé nous dit quelque chose du jugement de Dieu.

Noé a été sauvé du déluge, et donc de la mort, parce qu’il était juste, c’est-à-dire ajusté à la parole de Dieu. Sa vie était en cohérence avec cette parole. Il y a là pour nous une invitation à ajuster notre vie à la parole de Dieu.

Jésus poursuit son propos en l’illustrant de l’histoire de deux hommes aux champs et de deux femmes au moulin en train de moudre, dont une personne sur deux est prise et l’autre laissée.

Une lecture littérale pourrait nous conduire à penser qu’une personne sur deux seulement sera sauvée, ce qui, bien sûr, ne correspond nullement à l’esprit de l’évangile et au désir de Dieu qui souhaite que tous les hommes soient sauvés.

Nous pouvons néanmoins comprendre que le jugement de Dieu ne porte pas seulement sur la mise en avant, au niveau de la scène publique, de fruits ou de bonnes œuvres dont on pourrait se vanter. En effet, rien n’est dit ici sur les raisons du jugement de Dieu. Mais tout l’évangile laisse à penser que cela se fait dans un cœur à cœur entre Lui et la personne, tel le larron sur la croix et Jésus. Dieu, qui est juste, scrute les cœurs en profondeur et pas seulement les apparences.

Si nous savons, par ailleurs, que c’est sur l’amour que nous serons jugés, nous savons aussi que la miséricorde de Dieu est infinie, mais qu’il ne peut toutefois sauver une personne malgré elle.

Ainsi Jésus nous invite, dès aujourd’hui, à nous préparer à cette ultime rencontre avec son Père qui est notre Père à tous. Une rencontre dans un amour filial, qui peut se vivre déjà de façon imparfaite mais que nous vivrons pleinement dans l’éternité. « Veillez donc… Tenez-vous prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le fils de l’homme viendra » nous dit Jésus.

Veiller, c’est prendre au sérieux la parole de Dieu, car c’est en fait elle notre juge. Jésus est l’incarnation du Verbe, il est la Parole de Dieu incarnée. Veiller, c’est donc vivre de l’esprit de l’évangile, de son souffle, en aimant nos frères, comme Jésus nous l’a montré, et en aimant Dieu, notre Père.

Cette invitation de Jésus à veiller est à entendre comme une urgence à aimer, car seul l’amour, qui est charité, sauve. Cela peut se vivre à tout moment et quel que soit notre situation, que nous soyons jeunes ou âgés, en bonne santé ou malade. C’est même le challenge essentiel de toute vie. 

Dans la deuxième lecture, St Paul exhorte les chrétiens de Rome par ces mots : « la nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière ».

Oui, le jour est tout proche, l’urgence est là. En Jésus, Dieu s’est fait l’un de nous et il nous a manifesté son amour. Un amour sans limite. A nous d’y répondre au plus vite.

Nous sommes donc en route vers la lumière de Noël, une lumière, certes, pas toujours facile à reconnaitre dans notre monde aujourd’hui.

Mais à l’instar des bergers, ces pauvres par excellence, puissions-nous être de ceux qui la perçoivent et l’accueille comme une bénédiction de Dieu !

Que cette eucharistie renouvelle notre ardeur à croire ! Quelle nous aide à continuer à vivre en pèlerin d’espérance comme nous y a invité cette année jubilaire qui bientôt se termine !

C’est ainsi que nous pourrons répondre à la demande de Jésus de veiller. Amen.