Mercredi, 14 Octobre
Exhortation apostolique Dilexi te ( Je t'ai aimé). Pape Léon XIV

Le 4 octobre 2025, en la fête de St François d’Assise,  le pape Léon XIV livrait au monde sa première exhortation apostolique, «Dilexi te» (je t’ai aimé) qui porte sur l’amour des pauvres, dont le visage reflète «la souffrance des innocents». Dans cette exhortation,  Le Pape dénonce l'économie qui tue, l'inégalité, la violence envers les femmes, la malnutrition et la crise de l'éducation.

Il adhère à l'appel de François, qui avait initié la préparation du document, en faveur des migrants et appelle les croyants à élever leur voix pour dénoncer «les structures d'injustice» qui «doivent être détruites par la force du bien».

Retrouvez l'intégralité du texte au lien suivant :
https://eglise.catholique.fr/vatican/pape-leon-xiv/566735-dilexi-te-premiere-exhortation-apostolique-du-pape-leon-xiv/
 
La presentation de Vatican news :
https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-10/dilexi-te-premiere-exhortation-apostolique-de-leon-xiv.html
 
Le résumé de l'exorthation publié par le journal la Croix :
 Par Mikael Corre, envoyé spécial permanent à Rome
Publié le 9 octobre 2025 à 15h59 sur le site du journal La Croix
 
les 5 choses à savoir sur le texte de Léon XIV
 

1. Une ferme critique des inégalités sociales

Cette première exhortation apostolique du pape Léon XIV dénonce l’illusion d’un bonheur fondé sur la richesse ou la compétition : « L’illusion d’une vie aisée pousse nombre de personnes à avoir une vision de l’existence axée sur l’accumulation de richesses et la réussite sociale à tout prix. » Léon XIV met en garde contre les politiques d’austérité qui oublient la dignité humaine, et l’organisation inégalitaire de nos sociétés centrées sur le « bien-être (d’une) minorité heureuse ».

On retrouve le ton du pape François, qui avait commencé à écrire ce texte avant sa mort. Mais le document porte la signature de son successeur : « C’est un texte à 100 % du pape François, et à 100 % du pape Léon XIV », a précisé en conférence de presse le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le développement humain intégral au Vatican.

2. Rappeler les catholiques à leurs obligations

Dans Dilexi te, Léon XIV adresse aussi un rappel direct aux catholiques tentés de se décharger de leur responsabilité envers les pauvres. Il dénonce la réduction de la mission de l’Église à la prière ou à l’enseignement de la doctrine, en laissant à l’État le soin de s’occuper des plus fragiles. Certains, dit-il, vont jusqu’à croire que « la liberté du marché » résoudra d’elle-même la pauvreté, ou préfèrent concentrer la pastorale sur « les élites » plutôt que sur les exclus. Ces attitudes sont le signe d’un christianisme coupé de l’Évangile, dit Léon XIV.

3. La charité, critère de vérité de la foi

« La charité n’est pas une voie facultative, mais le critère du vrai culte », écrit encore Léon XIV (Dilexi te, paragraphe 42). La relation aux pauvres n’est pas seulement importante, elle est le cœur de la foi. Le culte rendu à Dieu n’est authentique que s’il conduit à la compassion, dit le pape. Foi et justice sociale ne peuvent être dissociées.

Sur le fond, Dilexi te cherche à unir ce que certains séparent : foi et engagement, prière et service, culte et charité. « L’amour envers les pauvres est la garantie évangélique d’une Église fidèle au cœur de Dieu, précise le cardinal Konrad Krajewski, responsable de la charité du Saint-Siège. Le chapitre 3 (de Dilexi te) est très beau (…). Il montre comment les pauvres ont toujours été le centre. »

4. Rejet de la « bienfaisance »

Léon XIV refuse la logique de l’assistance. Il emploie deux fois le mot « bienfaisance » dans l’exhortation pour mieux le récuser : les pauvres ne sont pas des objets de générosité, mais des sujets « capables de créer leur propre culture », écrit-il. La charité chrétienne ne consiste donc pas à faire pour, mais avec les plus précaires. L’enjeu est d’en faire « des protagonistes », explique le cardinal Michael Czerny.

5. Reconnaissance de la théologie de la libération

Léon XIV assume explicitement l’héritage latino-américain d’après Vatican II. Il cite le document publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1984 au Vatican – critique de cette théologie – pour en retenir le seul passage positif : « Le souci de la pureté de la foi ne va pas sans le souci d’apporter la réponse d’un témoignage efficace de service du prochain, et tout particulièrement du pauvre et de l’opprimé. » Cette référence marque une réconciliation.

Le commentaire d'un paroissien de St-Bernard qui a lu l’exhortation apostolique :  

                                            «      D I L E X I   T E        «       ( Je  t’ ai aimé  )

D ‘  Où  VIENT CE MESSAGE :        DILEXI    TE   ? 
Ce message a été amorcé par le pape  François, peu avant sa mort.
Léon XIV complète et termine ce message, exhortation apostolique, qui porte sur l’amour des pauvres.
Léon XIV adhère à l’appel de François qui avait initié la préparation du document en faveur des pauvres et des migrants.
Il appelle les croyants à élever leur voix pour dénoncer les « structures d’injustice "qui « doivent être détruites par la force du bien" .

"DILEXI  TE " EST – IL  UN  TEXTE  SOCIAL  DE  PLUS   ? 

Non, ce n’est pas un texte social de plus, car l’engagement pour les pauvres n’est pas un choix de l’Église ou du Pape..

                          C’  E S T   U N   C H O I X     D E     D I E U     L U I  - MEME     

J’avais faim, et vous m’avez donné à manger,  j’avais soif, et vous m’avez donné à boire,  j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli, j’étais nu, et vous m’avez habillé, j’étais malade, et vous m’avez visité,  j’étais en prison , et vous êtes venus jusqu’à moi, ….chaque fois que vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait …  Ce sont les paroles mêmes de Notre Seigneur rapportées pat l’ Evangile selon Saint Matthieu )

En écrivant   DILEXI   TE, le pape dénonce l’économie qui tue, l’inégalité, la violence envers les femmes, la malnutrition et la crise de l’éducation.   ( Dilexi te, $ 92 ).

Léon XIV renverse bon nombre d’idées reçues,  mais  fausses, qui sont souvent partagées aussi par les catholiques, malgré les mises en garde des précédents papes.

Et Léon  XIV  appelle à agir dès maintenant.

QUI  SONT LES  PAUVRES  AUTOUR DE NOUS  ?

Beaucoup de catholiques voient que le monde n’ a jamais produit autant de richesses matérielles qu’aujourd’hui, et ils pensent , comme d’autres, que les pauvres  profitent du niveau de vie qui a augmenté !

A Montpellier, par exemple, le Secours catholiques a un foyer où prendre un repas chaud et une douche .  et les pauvres  ne mangent-ils pas aux Restos du Coeur ,et  ne profitent – ils pas des banques alimentaires ?     On ne meurt plus de faim ici , certes,  MAIS ...

c’est une vue superficielle de la réalité, car dans le monde et dans notre pays aussi, il y a de plus en plus, chaque année,  d’ultra riches et de familles sous le seuil de la pauvreté…dont témoignent les statistiques officielles .

En France, il y a de plus en plus de mal logés ou de familles à la rue avec des enfants dont les parents travaillent, et à côté, des milliers d’appartements vides.

Dans Paris même,  et autour de Paris et dans les grandes villes, des hommes et des femmes vivent sous des tentes dans le froid à même la terre ou le bitume, faute de places dans les foyers d’hébergement, malgrè les promesses des gouvernants.

Que dit le pape dans    DILEXI  TE...   paragraphe 12 :

  "Nous sommes particulièrement préoccupés par les conditions difficiles dans lesquelles vivent nombre de personnes en raison d’un manque de nourriture et d’eau…. Dans les pays riches également, les chiffres relatifs à la pauvreté ne sont pas moins préoccupants. En Europe, de plus en plus de familles ont du mal à joindre les deux bouts …….. la pauvreté ne se présente plus comme une condition unique et homogène, mais se décline sous de multiples formes d’appauvrissement économique et social, reflétant un phénomène d’ INEGALITES CROISSANTES "…..

DILEXI  TE…. Paragraphe 13 :

"Lorsqu’on affirme que le monde moderne a réduit la pauvreté, on le fait en mesurant avec des critères d’autres temps qui ne sont pas comparables avec la réalité actuelle…. Dans un document de la Communauté européenne de 1984, on entend par personnes pauvres les individus, les familles et les groupes de personnes dont les ressources MATERIELLES, CULTURELLES et SOCIALES sont si faibles qu’ils sont exclus des modes de vie minimaux acceptables dans l’État membre dans lequel ils vivent…"

ET  LES  FEMMES  PARMI  LES  PAUVRES  ?

La condition des  femmes est une préoccupation pour Léon XIV qui les qualifie de «  doublement pauvres «  -.

En effet, beaucoup de femmes et de mères subissent l’abandon moral et matériel des pères qui divorcent facilement ou se séparent encore plus facilement de leur compagne, n’assument pas leur rôle, quittent la mère de leurs enfants qui doit prendre seule en charge le logement, les soins de tous les jours et l’éducation des enfants avec des ressources diminuées.

DILEXI  TE ….Paragraphe 12 :

"Rappelons que doublement pauvres sont les femmes qui souffrent de situations d’exclusion, de maltraitance et de violence, parce que, souvent, elles se trouvent avec de faibles possibilités de défendre leurs droits. Cependant, nous trouvons tout le temps chez elles les plus admirables gestes d’héroïsme quotidien dans la protection et dans le soin de la fragilité de leur famille."

Le pape note  que des modifications interviennent dans certains pays pour améliorer la situation et les droits des femmes,  toutefois il conclut de façon pessimiste :

On affirme une chose par la parole , mais les décisions et la réalité livrent ,à cor et à cri , un autre message , surtout si nous pensons en particulier aux femmes les plus pauvres .

ET   LES    MIGRANTS   ?

Notre société est divisée sur l’ accueil à faire aux migrants, pauvres parmi les pauvres,  qui sont parfois amalgamés aux étrangers légalement installés qui vivent et travaillent dans nos pays, ou amalgamés aux citoyens français d’origine étrangère.

Les réactions divergent aussi selon l’origine ethnique de ces étrangers;  les originaires  des pays européens ne sont pas perçus de la même façon que  les natifs d’Afrique du Nord, d’ Afrique noire ou du Moyen Orient, et avec des réactions allant vers le désir d’aider , d’intégrer,  ou allant en sens inverse jusqu’à l’exclusion ou à la xénophobie..

Les chrétiens et les catholiques eux- même sont divisés sur ce sujet,

Pourtant, la position du pape et de l’Église depuis les débuts de notre religion est clairement affirmée au côté des migrants et des étrangers.

DILEXI  TE  ……. Paragraphes 73 et suivants :

L’expérience de la migration accompagne l’histoire du Peuple de Dieu.

 Abraham part sans savoir où il va ; Moïse guide le peuple en pèlerinage à travers le désert ; Marie et Joseph fuient en Egypte avec l’ Enfant. Le Christ lui-même, qui « est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas accueilli «  ( Evangile de Jean 1, 11 ), a vécu parmi nous comme un étranger. C’est pourquoi l’Eglise a toujours reconnu dans les migrants une présence vivante du Seigneur qui, au jour du Jugement dira à ceux qui sont à sa droite : «  J’étais étranger et vous m’avez accueilli «  ( Evangile de Matthieu 25, 35 )

Léon XIV rappelle que des saints ont accompagné  les millions d’ Européens qui émigraient au 19e siècle à la recherche de meilleures conditions de vie. L’un de ces saints, Jean Baptiste Scalabrini regardait en avant , vers un monde et une Eglise sans barrières et sans étrangers… !

DILEXI  TE  ……… Paragraphe 75 :

La tradition de l’activité de l’ Eglise pour et avec les migrants se poursuit et, aujourd-hui, ce service s’exprime à travers des initiatives telles que les centres d’accueil pour les réfugiés, les missions frontalières, les efforts de Caritas Internationalis et d’autres institutions. Le Magistère contemporain réaffirme clairement cet engagement. Le pape François a rappelé que la mission de l’Église envers les migrants et les réfugiés est encore plus large, insistant sur le fait que la réponse au défi posé par les migrations contemporaines peut se résumer en quatre verbes :  ACCUEILLIR,  PROTEGER,  PROMOUVOIR  ET  INTEGRER.

Mais ces verbes ne valent pas seulement pour les migrants et les réfugiés .

Ils expriment la mission de l’Église envers tous les habitants des périphéries existentielles qui doivent être accueillis, protégés, promus et intégrés .

Et il disait également : «  Tout être humain est enfant de Dieu ! L’image du Christ est imprimée en lui ! Il s’agit de voir dans le migrant et dans le réfugié , non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une sœur à accueillir, à respecter et à aimer , une occasion que la Providence nous offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste , une démocratie plus accomplie, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel et une communauté chrétienne plus ouverte, selon l’ Evangile . « 

L’Église, comme une mère, marche avec ceux qui marchent.

Là où le monde voit des menaces, elle voit des fils ; là où l’on construit des murs , elle construit des ponts…

L’Église sait que son annonce de l’Evangile est crédible seulement lorsqu’elle se traduit en gestes de proximité et d’accueil, et que dans tout migrant rejeté, le Christ lui-même frappe à la porte de la communauté.

Ce texte du pape est donc très exigeant et doit détourner les catholiques, et les chrétiens, de la montée, dans plusieurs pays du monde, de courants populistes extrêmistes, qui tiennentt volontiers des  discours hypocrites sur la proclamation d’ un prétendu « amour » de Dieu et des chrétiens, en même temps qu’ils condamnent l’engagement envers les précaires et qu’ils sont aux antipodes de l’Evangile.

Pour ces courants , on ne s’attarde pas sur la pauvreté et on estime que la compassion est une faiblesse !!!

POURQUOI    TANT    DE    PAUVRES     DANS    LE    MONDE    D’  AUJOURD ‘   HUI  ?

Pour Léon XIV, il nous faut ouvrir les yeux et CHANGER de mentalité car il est évident que l’accumulation de richesses inconsidérées par des minorités empêche le partage équitable au profit de tous et entraîne l’augmentation incessante du nombre de pauvres….

DILEXI    TE ………. paragraphe  14 :

Les pauvres ne sont pas là par hasard., ni en raison d’un destin aveugle. La pauvreté n’est pas non plus, pour la plupart d’entre eux, un choix. Certains osent pourtant encore l’affirmer , faisant preuve d’aveuglement et de cruauté …… Nous ne pouvons pas dire que la majorité des pauvres le sont parce qu’ils n’auraient pas acquis de « mérites », selon cette fausse vision de la méritocratie où seuls ceux qui ont réussi dans la vie semblent avoir des mérites.

Léon XIV poursuit dans  DILEXI  TE……... paragraphe  15 :

Même les chrétiens en de nombreuses occasion, se laissent contaminer par des attitudes marquées par des idéologies « mondaines »(1) ou par des orientations politiques et économiques qui conduisent à des généralisations injustes et à des conclusions trompeuses.

Le fait que l’exercice de la charité soit ridiculisé ou méprisé , comme s’il s’agissait d’une obsession de quelques uns et non du coeur brûlant de la mission de l’Église , me fait penser qu’il faut toujours relire l’Evangile pour ne pas risquer de le remplacer par la mentalité mondaine (1).

(1)  « idéologies mondaines «  signifie « : façon de penser de ceux qui ne croient pas en Dieu.

DILEXI   TE  ……… paragraphe  11 :

L’illusion d’un bonheur qui découlerait d’une vie aisée pousse nombre de personnes à avoir une vision de l’existence axée sur l’accumulation de richesses et la réussite sociale à tout prix ,

Y COMPRIS AU DETRIMENT DES AUTRES, et en profitant d’idéaux sociaux et de systèmes politico-économiques injustes qui favorisent les plus forts .

Ainsi dans un monde où les pauvres sont de plus en plus nombreux, nous assistons paradoxalement à la croissance de certaines élites riches qui vivent dans une bulle de conditions très confortables et luxueuses , presque dans un autre monde par rapport aux gens ordinaires.

Cela signifie que persiste encore, parfois bien masquée, une culture qui rejette les autres sans même s’en rendre compte et qui tolère avec indifférence que des millions de personne meurent de faim ou survivent dans des conditions indignes de l’être humain.

QUE    FAIRE   ?   COMMENT   LUTTER   POUR   LA   JUSTICE    ET    POUR   LES   PAUVRES ?

IL faut dénoncer la dictature de l’organisation économique telle qu’elle existe, dominée par les ultra riches et les marchés financiers.. Le chrétien ne doit pas accepter la réalité de notre époque sans réfléchir et surtout sans faire référence à la parole de l’Evangile.

Léon XIV le traduit en des directives  très fermes . Il prend position sans ambiguïté, et sans langue de bois, contre la spéculation financière qui provoque ce déséquilibre et cette pauvreté dans le monde.

IL affirme le droit et le devoir des Etats de contrôler cette tyrannie des puissantes forces économiques qui voudraient faire croire que le fonctionnement actuel de l’économie est « normal » et non modifiable.

Le pape appelle à des changements urgents, dès maintenant et pas pour demain.

DILEXI   TE ……….  paragraphe 92 :

Il est donc nécessaire de continuer à dénoncer la « dictature d’une économie  QUI  TUE «  et de reconnaître qu’alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette minorité heureuse.

Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle  des Etats chargés de veiller à la préservation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s’instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles de façon unilatérale et implacable.

Bien qu’il existe différentes théories qui tentent de justifier l’état actuel des choses ou d’expliquer que la rationalité économique exige que nous attendions que les  forces invisibles du marché résolvent tout, la dignité de toute personne humaine doit être respectée MAINTENANT, PAS DEMAIN, et la situation de misère de tant de personnes à qui cette dignité est refusée doit être un rappel constant à notre conscience.

QUEL   EST   L’  ENSEIGNEMENT   DE   NOS   PRECEDENTS     PAPES ?

L’enseignement des précédents papes, JEAN-PAUL II et  FRANCOIS va dans le même sens que DILEXI  TE .

DILEXI   TE ……. paragraphe  93 :

Dans l’encyclique Dilexit Nos, le  PAPE  FRANCOIS  a rappelé que le péché social prend forme comme structure de péché »dans la société qui « est souvent ancrée dans une mentalité dominante qui considère normal ou rationnel ce qui n’est rien d’autre que de l’égoïsme ou de l’indifférence. Ce phénomène peut être défini comme une aliénation sociale « .

Il devient normal d’ignorer les pauvres et de vivre comme s’ils n’existaient pas.

Le choix semble raisonnable d’organiser l’économie en demandant des sacrifices au peuple pour atteindre certains objectifs qui concernent les puissants.

Pendant ce temps, seules les « miettes » qui tomberont sont promises aux pauvres jusqu’à ce qu’une nouvelle crise mondiale les ramène à leur situation antérieure.

C’est une véritable aliénation qui conduit à ne trouver que des excuses théoriques et à ne pas chercher à résoudre aujourd’hui les problèmes concrets de ceux qui souffrent.

SAINT  JEAN   PAUL   II    le disait déjà :  «  Une société est aliénée quand dans les formes de son organisation, de la production et de la consommation, elle rend plus difficile la réalisation de ce don et la constitution de cette solidarité entre les hommes. « 

POURQUOI    FAUT  -  IL     AGIR      MAINTENANT    ?

DILEXIT   TE ……… paragraphe 94

Nous devons nous engager davantage à résoudre les causes structurelles de la pauvreté. C’est une urgence qui ne peut attendre , non seulement en raison d’une exigence pragmatique d’obtenir des résultats et de mettre en ordre la société , mais pour la guérir d’une maladie qui la rend fragile et indigne, et qui ne fera  que la conduire à de nouvelles crises.

Les plans d’assistance qui font face à certaines urgences devraient être considérés seulement comme des réponses provisoires.

Le manque d’équité est la racine des maux de la société .  En effet, on s’aperçoit bien des fois que, de fait, les droits humains ne sont pas les mêmes pour tout le monde….

La question qui revient est toujours la même : les moins pourvus ne sont-ils pas des personnes humaines ? Les faibles n’ont-ils pas la même dignité que nous ? Ceux qui sont nés avec moins de possibilités ont-ils moins de valeur en tant qu’êtres humains, doivent-ils se contenter de survivre ?

La réponse que nous apportons à ces questions détermine la valeur de nos sociétés et donc notre avenir.

Si nous ne nous arrêtons pas pour prendre les choses au sérieux , nous continuerons , de manière explicite ou dissimulée, à légitimer le modèle de distribution actuelle où une minorité se croit le droit de consommer dans une proportion qu’il serait impossible de généraliser , parce que la planète ne pourrait même pas contenir les déchets d’une telle consommation.

LES     CHRETIENS    LANCEURS     D  ‘   ALERTE ?

DILEXI    TE  ……….. paragraphe 97

Il incombe à tous les membres du Peuple de Dieu de faire entendre, MêME DE DIFFéRENTES MANIèRES, une voix qui réveille, qui dénonce, qui s’expose même au risque de passer pour des « idiots ».

Les structures d’injustice doivent être reconnues et détruites PAR LA FORCE DU BIEN, par un changement de mentalités, mais aussi avec l’aide des sciences et de la technique par le développement de politiques efficaces pour la transformation de la société.

Il faut toujours se rappeler que la proposition de l’ Evangile n’est pas seulement celle d’une relation intime et individuelle avec le Seigneur.

La proposition est plus large : elle est le Royaume de Dieu ( évangile de Saint Luc ) ; il s’agit d’aimer Dieu qui règne dans le monde. Dans la mesure où il réussira à règner parmi nous, la vie sociale sera un espace de fraternité , de justice, de paix, de dignité pour tous.

LES  PAUVRES ,  NON   COMME   OBJETS ,   MAIS   COMME   SUJETS

La rencontre avec le Christ, but de toute vie chrétienne, a lieu en priorité dans la rencontre avec les pauvres.

L’engagement pour les précaires, les migrants, les malades, les personnes âgées isolées, ceux qui vivent dans la rue, n’est pas une conséquence sociale de la foi : C’EST LA FOI  ELLE  MêME !

Il faut donc en tirer la conséquence :

DILEXIT    TE  …….. paragraphe  100

….. la nécessité de considérer les communautés marginalisées comme des sujets capables de créer leur propre culture, plutôt que des objets de bienfaisance. Cela implique que ces communautés ont le DROIT DE VIVRE L’EVANGILE , DE CELEBRER ET DE COMMUNIQUER LA FOI SELON LES VALEURS PRESENTES DANS LEUR CULTURE.

L’EXPERIENCE DE LA PAUVRETE leur donne la capacité de reconnaître des aspects de la réalité que d’autres ne réussissent pas à voir et c’est pourquoi la société a besoin de les écouter.

Léon XIV rappelle le beau texte du document final de la conférence d’ Aparecida, feuille de route de l’Église latino-américaine , Eglise que les papes François et Léon XIV ont bien connue :

…… «  C’est seulement la fréquentation des pauvres qui fait que nous devenons leurs amis , qui nous permet d’apprécier profondément leurs valeurs d’aujourd’hui , leurs légitimes désirs et leur manière propre de vivre la foi. [ … ] Jour après jour, les pauvres seront sujets de l’évangélisation et de la promotion humaine intégrale : car ils éduquent leurs enfants dans la foi, ils vivent une constante solidarité entre parents et voisins , ils cherchenr Dieu continuellement et donnent vie à la marche de l’Église.

A la lumière de l’Evangile, nous reconnaissons leur immense dignité et leur valeur sacrée aux yeux du Christ, lui qui fut pauvre comme eux et exclu comme eux.

A partir de cette expérience croyante, nous partagerons AVEC EUX, la défense de leurs droits .

 C O N C L U S I O N

DILEXI   TE  …… Paragraphes  120  et  121

L’amour chrétien brise toutes les barrières , rapproche ceux qui sont éloignés, unit les étrangers rend familiers les ennemis , franchit des abîmes humainement insurmontables , pénètre dans les replis les plus cachés de la société.

De par sa nature, l’amour chrétien est prophétique , il accomplit même des miracles , il n’a pas de limites : il est pour l’impossible.

L’amour est avant tout une façon de concevoir la vie . Une façon de la vivre ?

Eh bien, une Eglise qui ne met pas de limites à l’amour, qui ne connaît pas d’ennemis à combattre, mais seulement des hommes et des femmes à aimer , est l’ Eglise dont le monde a besoin aujourd’hui.

Que ce soit par votre travail, votre lutte pour changer les structures sociales injustes , ou encore par ce geste simple, très personnel et très proche , il sera possible pour ce pauvre de sentir que les paroles de Jésus s’adressent à lui :

«  Je t’ai aimé «   ( Ap 3, 9 )

 


 
dilexi te