Jeudi, 12 Février
Homélie du 31 août. 22ème Dimanche du Temps ordinaire. Bertrand Caux, diacre

Le 15 août, notre regard se tournait vers la Vierge Marie et dans la prière du magnificat qu’elle adresse à Dieu lors de sa visite à sa cousine Elisabeth, nous pouvions contempler en elle son humilité et son écoute. Une humilité et une écoute qui sont le terreau de la Foi et ont permis à Dieu de prendre chair en son sein.

Ce sont ces deux mêmes dispositions, d’humilité et d’écoute, qui sont mises en avant dans les lectures de ce jour. Des dispositions qui permettent à Dieu de s’incarner dans nos vies et qui nous donnent accès à son royaume.

La première lecture extraite du livre de Ben Sira le Sage met en avant l’humilité comme vertu nécessaire pour trouver grâce devant le Seigneur. « Plus tu es grand, plus il te faut t’abaisser » nous est-il dit. En effet, la recherche de grandeur pour soi dans ce monde ne mène à rien, si ce n’est à un égo surdimensionné qui est le plus souvent mortifère pour les autres.

Alors que s’abaisser, c’est prendre le chemin de l’humilité. Un chemin qui nous ouvre à l’amour et permet de conjuguer ensemble l’amour de Dieu, l’amour du prochain et l’amour de soi-même. Il s’agit là d’un chemin de Vie et de bonheur partagé.

Dans ce même passage, l’orgueil est désigné comme la racine du mal qui empêche de profiter des grâces du Seigneur. Nous sommes malheureusement tous témoins aujourd’hui de ce que produit l’orgueil avec la soif de pouvoir qui l’accompagne. Il suffit de regarder les infos.

En fin de cette 1ère lecture, la clef de l’idéal de sagesse qui conduit à l’humilité nous est donnée : « c’est une oreille qui écoute ».

Ainsi sommes-nous invités à l’écoute. Ecouter Dieu nous parler au plus profond de notre cœur. Ecouter Dieu nous parler à travers la lecture de la bible. C’est ce que nous faisons à chaque eucharistie, mais que nous sommes invités aussi à faire chez nous, personnellement, ou encore avec d’autres dans un groupe biblique.  

Ecouter Dieu encore nous parler par l’intermédiaire de nos frères.

Ecouter Dieu enfin nous parler au travers des évènements de nos vies pour qu’au final, à l’image de la Vierge Marie, la Parole de Dieu prenne chair dans nos vies et nous rende semblables à Jésus.

Car en Jésus, nous avons la sagesse incarnée vers qui tout converge et vers qui se trouve la destinée de notre humanité.

C’est bien ce que dit la lettre aux hébreux quand elle affirme « qu’en étant venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, c’est vers Jésus le médiateur d’une alliance nouvelle » qu’on venait.

Ainsi, la nouvelle alliance en Jésus est en continuité de la première alliance, et en même temps, elle est d’une nouveauté radicale en ce sens qu’elle nous fait passer d’un Dieu lointain à un Dieu qui nous rejoint en se faisant l’un de nous.

Dans l’évangile entendu, Jésus nous livre aussi un enseignement sur l’humilité. Il profite de sa présence à un repas, dans la maison d’un chef des pharisiens où il observe les invités qui s’empressent, bien sûr, de choisir les premières places.

Mais voilà qu’il invite chacun à choisir plutôt la dernière place et à attendre d’être invité à prendre une place meilleure. Cette démarche ne vient-elle pas en résonnance de celle de l’appel ?

C’est bien cette dernière place que Jésus n’a cessé d’occuper durant sa vie terrestre en se mettant à l’écoute et au service des plus pauvres !

C’est cette même dernière place qu’il a choisi d’occuper en acceptant librement d’être crucifié au milieu de deux bandits ! Et c’est ce choix-là qui le conduira à la résurrection.

Si nous aussi nous voulons ressusciter, dès aujourd’hui il nous faut prendre ce même chemin d’humilité à la suite de Jésus. Un chemin qui n’est autre qu’un chemin d’amour de Dieu, de nos frères et de nous-mêmes, nourri par une écoute attentive de la Parole de Dieu.

Pour finir, Jésus nous invite à nous détacher des honneurs et des mondanités en donnant la préférence « aux pauvres, aux estropiés, aux boiteux et aux aveugles ».

Car nous savons par expérience que ce sont eux nos maitres en ce sens qu’ils nous poussent à l’essentiel, à savoir une authenticité et gratuité dans la relation, qui rendent Jésus tout proche.

« Heureux les invités au repas du Seigneur », allons-nous entendre dans le rite de la communion. Une invitation de Dieu, totalement gratuite, qui s’adresse à tous les baptisés sans distinction avec bien sûr toujours les pauvres en priorité.

Une pauvreté qui est à entendre au sens large en ce sens qu’elle concerne chacun de nous dans la pauvreté qui est la sienne. Car nous sommes tous porteur d’une pauvreté.

Que cette eucharistie nous garde sur un chemin d’humilité et d’écoute.

Qu’elle nous rende toujours plus attentive à la Parole de Dieu et qu’elle mette en nous le désir d’en vivre ! Amen.