Jeudi, 12 Février
Homélie du 11 février 2024. 6ème Dimanche du TO. Dimanche de la santé. Bertrand Caux, diacre.

 

« De partout on venait à lui », venons-nous d’entendre en conclusion du passage de l’Evangile de Marc porté à notre méditation en ce dimanche de la santé.

Ce verset est aussi le thème de ce dimanche de la santé qui, cette année, coïncide avec celui de la journée mondiale des malades célébrée les 11 février, en la fête de ND de Lourdes.

« De partout on venait à lui ». N’est-ce pas notre démarche aujourd’hui, nous qui venons d’horizons très divers mais habités d’un même désir, celui d’aller à Jésus ressuscité ? Sûrs de sa présence, nous venons lui partager nos joies, lui confier nos peines et nos attentes, et écouter ce qu’il veut nous dire.

En ce dimanche de la santé, nous sommes invités à porter notre regard et notre réflexion vers tous ceux qui sont affectés dans leur santé et ceux qui les accompagnent ou qui les soignent et manifestent ainsi la tendresse de Dieu à leur égard.

Je vous propose de réfléchir sur ce monde de la santé à la lumière du passage d’évangile que nous avons entendu.

Nous le savons, la maladie ou le handicap sont des bouleversements qui affectent autant la personne concernée que son proche entourage. Dans certains cas, cela peut conduire à des pertes de liens et des isolements qui deviennent mortifères. Or, tout être humain, qu’il soit en état de fragilité ou non, est avant tout, un être de relation qui pour vivre, a besoin de se nourrir de liens avec d’autres.

Et nous avons beaucoup à apprendre et à recevoir des personnes fragilisées par la maladie ou le handicap. Leur patience et la confiance qu’ils doivent déployer dans la vie, malgré l’épreuve, sont à accueillir comme de véritables témoignages. Ils nous invitent aussi à convertir notre regard. En effet, la fragilité d’une personne malade, peut être animée d’une immense force. Enfin, Ils nous « provoquent » à la solidarité dont nous savons qu’elle est un vecteur important de construction d’une société.

L’évangile nous met face à un lépreux. A l’époque de Jésus, la lèpre était une des pires maladies qui conduisait à un isolement forcé qui ne pouvait que précipiter la mort.

Non seulement la personne devait s’isoler pour ne pas contaminer les autres, mais en plus elle était déclarée impure et donc porteuse d’une malédiction de Dieu qui justifiait sa mise à l’écart. Personne ne devait la toucher au risque d’être contaminé par son impureté. Le lépreux était ainsi condamné au régime de la double peine, celle de la maladie et celle de la rupture du lien social.

Le passage du livre des Lévites entendu en première lecture nous éclaire sur la situation des lépreux au temps de Jésus. Voici ce qui est dit : « Le lépreux atteint d’une tâche portera des vêtements déchirés et des cheveux en désordre, il se couvrira le visage jusqu’au lèvres, et il criera : « Impur ! Impur ! » … « il habitera à l’écart ».

Et pourtant, dans cette situation qui semble bloquer pour lui, voici que ce lépreux est habité d’une soif débordante de Vivre. Il a vraisemblablement entendu parler de Jésus, et il est habité d’un désir profond d’aller à lui, espérant certainement qu’il peut faire quelque chose pour lui.

Porté par sa Foi en Jésus, il manifeste de l’audace et du courage qui lui permettent de franchir l’infranchissable pour venir supplier à genoux Jésus par ces mots : « Si tu le veux, tu peux me purifier ».

La réponse de Jésus ne tarde pas : « Je le veux soit purifié ». Sa parole s’accompagne d’un geste de solidarité totale envers le lépreux. Jésus le touche au risque d’être contaminé à son tour. Cette attitude de Jésus à l’égard du lépreux préfigure le don gratuit qu’il fera de sa personne, par amour, pour que nous ayons la Vie en plénitude.

Ainsi, Jésus nous communique sa Vie en se donnant lui-même. Si, comme le lépreux, nous allons à lui et lui manifestons notre confiance, notre vie est transfigurée.

Cet évangile est fort, parce qu’il nous invite à un double mouvement. A la fois celui du lépreux que rien n’arrête pour aller vers Jésus, et à la fois celui de Jésus que rien n’arrête pour toucher et guérir le lépreux.

Selon des moments de notre vie, nous pouvons nous retrouver dans l’un ou l’autre de ces mouvements.

L’Eglise, pour sa part, a choisi de se doter d’une Pastorale de la santé avec des ramifications que sont l’aumônerie des hôpitaux, le service évangélique des malades bien présent sur notre paroisse, la pastorale des personnes handicapées et l’hospitalité St Roch qui accompagnent les malades à Lourdes.

L’engagement bénévole au sein de cette pastorale est d’ailleurs une source de grâces immenses, à la fois pour les personnes malades accompagnées, mais aussi pour les accompagnateurs.

Faire l’expérience d’une guérison physique miraculeuse, comme celle du lépreux de l’évangile, n’est pas donnée à tout le monde, nous le savons. Mais à tous, Jésus propose les grâces nécessaires pour une guérison spirituelle qui peut d’ailleurs contribuer à une guérison physique.

En invitant le lépreux guéri à ne « rien dire à personne », Jésus ne veut pas que l’on se méprenne sur sa mission. Il n’est pas venu pour réparer l’homme blessé à coup de baguette magique. Il est venu pour que les hommes aient Foi en Dieu.