En effet, la joie de Noël est faite pour durer et illuminer tous les jours de notre vie ordinaire, et cela malgré les difficultés que nous pouvons rencontrer. On dit communément : « à chaque jour suffit sa peine », mais on peut tout aussi bien dire : « à chaque jour suffit sa joie ».
La joie est un don de Dieu. Celle de Noël est habitée par la prise de conscience et la reconnaissance du cadeau inouï que Dieu a fait à l’humanité entière dans l’incarnation de son fils Jésus.
La joie du temps ordinaire est à rechercher dans les appels que Dieu nous adresse pour que nous découvrions, dans ce monde, la présence discrète de son fils Jésus ressuscité, que nous demeurions en lui et que nous le suivions.
C’est bien le sens des lectures qui sont proposés à notre méditation aujourd’hui, dont celle de l’évangile de Jean avec l’appel des deux premiers disciples à demeurer avec Jésus et à le suivre.
Si Dieu ne cesse d’appeler l’homme depuis sa création, entendre son appel n’est pas si évident. Nous le voyons dans la première lecture : le jeune Samuel est interpellé à trois reprises par des appels du Seigneur. Les deux premières fois, il pense que c’est le prêtre Eli, présent à ses côtés dans le Temple, qui l’appelle. Le prêtre Eli, qui n’est pas à confondre avec le prophète Elie, s’interroge lui-même sur ces appels.
Il faudra attendre le troisième appel du Seigneur pour qu’Eli comprenne enfin et invite le jeune Samuel à y répondre par cette réponse magnifique que nous pouvons aussi faire notre : « parle Seigneur, ton serviteur écoute ».
C’est quand on expérimente la présence de Dieu dans sa vie, que l’on perçoit avec discernement ses appels, et que l’on y répond, comme Samuel, par ses mots : « parle Seigneur, ton serviteur écoute », que l’on comprend l’essentiel de ce qu’est la foi : un abandon et une confiance totale en Dieu
C’est en particulier la démarche que sont appelés à faire les catéchumènes, ces adultes qui s’acheminent vers le baptême en réponse à un appel du Seigneur qu’ils perçoivent dans leur vie.
Nous avons la chance, sur notre paroisse, d’avoir plusieurs catéchumènes dont l’une, Mélanie, sera baptisée lors de la prochaine veillée pascale. Vous aurez l’occasion de faire sa connaissance lors des différents scrutins qui auront lieu pendant la messe dans le temps du carême.
Quatre autres catéchumènes sont en chemin vers le baptême pour la veillée pascale de 2025. En fait, on s’aperçoit que les demandes de baptêmes d’adultes ne cessent de croitre dans l’Eglise, ce qui doit nous réjouir. Ces demandes, qui émanent de personnes d’horizons très variés, sont le signe de ce Dieu qui ne cesse de se manifester dans notre monde d’aujourd’hui et d’appeler.
Ces catéchumènes témoignent de leur vie de Foi avec une spontanéité et un enthousiasme qui sont communicatifs.
Ils réveillent souvent les « vieux croyants que nous sommes ». Et en ce sens, ils sont une chance pour L’Eglise entière.
Ils nous invitent à une nouvelle jeunesse dans notre Foi.
Pour chaque catéchumène, il y a eu souvent un ou plusieurs témoins ou « messagers » qui les ont ouverts à la reconnaissance d’un Dieu présent et agissant dans leur vie.
Ces témoins ou « messagers », que nous pouvons être, nous aussi, à un moment de notre vie, illustrent parfaitement l’action du prêtre Eli ou celle de Jean-Baptiste. Eli est aux côtés du jeune Samuel et l’éclaire sur le sens de ce qu’il vit. Quant à Jean-Baptiste, il désigne Jésus comme l’Agneau de Dieu à deux de ses disciples et il les laisse partir pour découvrir qui est Jésus et le suivre.
A l’instar du prêtre Eli et de Jean-Baptiste, le rôle et la mission de tout baptisé, c’est-à-dire de nous tous, peut être aussi d’accompagner des personnes en recherche vers Jésus au travers du témoignage personnel, de la découverte de la Parole de Dieu, et de la vie en Eglise.
La Foi n’est pas qu’une affaire de connaissance théologique, elle est avant tout une rencontre personnelle avec Jésus ressuscité et l’expérience de l’action de l’Esprit Saint dans sa vie. C’est ce dont nous devons témoigner.
Dans l’évangile, nous voyons deux disciples de Jean-Baptiste, en l’occurrence André et peut-être Jean, l’auteur de l’Evangile, interroger Jésus par ces mots : « où demeures-tu ? », et Jésus répondre :« venez et vous verrez ».
Nous ne savons rien de ce qui s’est réellement passé entre Jésus et eux, si ce n’est que cela a pris du temps. Mais nous savons qu’ils ont été comblés et conquis puisqu’ils appellent d’autres à venir, à leur tour, rencontrer celui qu’il désigne maintenant comme le messie.
Alors, que cette eucharistie nous garde dans la joie, la joie de savoir que notre Dieu est bien l’Emmanuel que nous avons fêté à Noël, c’est-à-dire celui qui est avec nous. Nous savons qu’il ne manque pas encore aujourd’hui, de nous faire signe et de nous appeler à suivre son fils Jésus !
Que cette eucharistie nous aide aussi à accueillir en nous l’Esprit Saint et à en vivre !