Vendredi, 06 Mars
Homélie du dimanche 22 février 2026. 1er Dimanche de Carême. Bertrand Caux, diacre.
 
En ce premier dimanche de carême, nous sommes invités à rejoindre Jésus au désert, un lieu aride et silencieux.
Le désert est un lieu fondateur dans la bible car il est, entre autres, le lieu où le peuple, après sa libération de l’esclavage des égyptiens, va être éprouvé dans sa confiance en Moïse puis en Dieu, et où il va devoir grandir en liberté.
Le désert est donc un lieu privilégié de conversion. Mais il est aussi un lieu d’épreuve et de combat spirituel comme nous le montre ce passage d’évangile que nous venons d’entendre.
 
Il est à noter que ce passage se situe immédiatement après que Jésus ait pris l’initiative de recevoir le baptême de conversion de Jean-Baptiste alors qu’il n’en avait pas besoin, et qu’une voix venant des cieux l’ait désigné comme le fils bien aimé du Père.
Donc, juste après cela, il nous est dit que « Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable ». Et qu’il y demeura 40 jours et quarante nuits. Le chiffre de 40 fait penser aux 40 ans de traversée du désert par le peuple hébreu, sous la conduite de Moïse, au moment de l’exode, c’est-à-dire après sa libération d’Egypte que j’évoquais précédemment.
Dans le désert, le peuple libéré a manqué de confiance et n’a pu résister à la tentation de se fabriquer un nouveau Dieu avec le veau d’or… 
Ici dans l’évangile, Jésus résiste aux 3 tentations du diable en s’appuyant sur la Parole de Dieu et en manifestant par là-même sa confiance en Dieu et en sa Parole.   C’est donc lui, Jésus, qu’il nous faut suivre quand l’épreuve du désert se présente à nous.
Dans cet évangile, rédigé sous l’éclairage de la résurrection, l’évangéliste Matthieu nous montre Jésus comme étant le nouveau Moïse qui vient nous libérer, non plus de l’esclavage des égyptiens, mais de l’esclavage du péché et nous conduire sur le chemin de la Vie éternelle.
La première lecture est extraite du livre de la Genèse et nous raconte le péché de nos premiers parents qui, à la différence de Jésus, n’ont pas su garder leur confiance en Dieu et en sa Parole.
Comme vous le savez, le livre de la Genèse est un écrit poétique qui veut éclairer le mystère de la création et celui du péché. Mais l’histoire d’Adam et Eve ne se limite pas aux origines. Comme toute parole de la bible, elle veut nous rejoindre dans notre vie d’aujourd’hui. Et elle nous rejoint en ce sens que nous avons tous, en nous-même, une part d’Adam et Eve qui se laisse séduire par le péché et qui est donc à convertir.
Dans ce poème de la création Dieu comble Adam et Eve de bénédictions en les mettant dans un jardin où la végétation est luxuriante et où existent de multiples arbres aux fruits comestibles. Un seul interdit est posé : Il concerne un arbre, celui de la connaissance du bien et du mal.
Parmi la profusion des dons que Dieu fait, une seule chose est demandée.
Cet interdit est une invitation à la confiance en ce Dieu d’Amour en qui nous devons tout et qui sait ce qui est bon pour nous. Cet interdit, c’est l’enjeu de notre liberté.
Or, Adam et Eve ne résistent pas au discours mensonger du serpent. En faisant le choix de la non confiance en celui qui les a créés et comblés de ses bienfaits, ils vont marquer l’humanité entière de ce péché originel.
Mais Dieu, dans sa bonté et sa miséricorde inépuisable ne cessera jamais de faire alliance avec l’homme jusqu’à nous envoyer son fils pour nous sauver, non de la mort biologique inhérente à notre condition, mais de la mort définitive qui résulte du péché.
Par sa vie entièrement donnée et tournée vers le Père, Jésus, le Christ, nous montre le chemin de la confiance en Dieu qui est porteuse du vrai bonheur et de la Vie éternelle.
Comme le dit St Paul dans sa lettre aux Romains entendue en deuxième lecture : « Si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ ».
Ainsi, Jésus Christ est aussi ce nouvel Adam qui nous montre le chemin d’une confiance absolue en Dieu et en sa Parole.
Et c’est par cette confiance en Dieu qu’il éloigne le diable. « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » lui répond-t-il.
Ces lectures posent donc une question à chacun de nous aujourd’hui : quelle importance et quelle confiance j’accorde en Dieu et en sa parole ? Le carême est la période propice pour y répondre en vérité.
Pour nous y aider, nous pouvons ménager des moments de silence et d’intimité avec le Seigneur pour mieux entendre et approfondir sa parole. Une parole qui nous est adressée chaque jour au travers de la liturgie de l’Eglise.
Nous pouvons aussi privilégier notre écoute du monde vers des nouvelles qui nous orientent vers la vie. Et ne pas nous laisser envahir par celles anxiogènes, qui nous sont assénées quotidiennement, et qui insufflent un pessimisme ambiant.
Que cette eucharistie et ce carême soient pour nous l’occasion d’un nouvel élan pour vivre toujours plus dans la confiance en ce Dieu qui nous aime, qui a besoin de nous, et qui veut notre bonheur !