Mardi, 31 Mars
Homélie du mercredi des Cendres. 18 février 2026. Frère Arnaud Blunat,op.
 
Le temps du carême commence par une démarche communautaire et un geste symbolique : l’imposition des cendres sur nos fronts.
Nous nous rappelons que nous sommes des êtres créés, aimés par Dieu, appelés à la liberté, mais limités, fragiles, pécheurs.
Le carême est bien plus qu’un temps de privation, un effort d’ascèse. Ce n’est pas un exploit, une volonté de dépassement de soi, de vaincre nos faiblesses.
C’est d’abord le temps d’une rencontre, d’une ouverture du cœur.
Le jeûne, la prière et le partage sont des moyens pour nous aider à retrouver le sens profond de notre humanité.
 
Le Pape Léon nous invite à repartir de la Parole de Dieu, de prendre le temps de l’écouter, de la méditer, de la prier.
C’est dans une telle disposition intérieure que nous pourrons mieux percevoir l’essentiel, ce qui se passe en nous mais aussi autour de nous, dans nos familles, nos lieux de travail, dans nos relations avec nos proches, mais aussi dans les enjeux qui sont ceux de notre société.
L’assassinat d’un jeune homme à Lyon a suscité une vive émotion dans notre pays. Cet événement nous montre combien notre climat social est très tendu, marqué par la violence, à quelques semaines des élections municipales. Les réactions que nous pouvons voir sur les réseaux sociaux, dans les prises de position de responsables politiques peuvent nous inquiéter mais aussi pourraient altérer notre jugement.
Le carême doit aiguiser notre désir de paix. Notre foi a besoin de se nourrir de la prière et de la méditation de la Parole de Dieu. Ces derniers dimanches, nous avons entendu les évangiles des béatitudes, du sel et de la lumière, ainsi que de l’invitation à vivre l’exigence des commandements.
Le carême n’en est que le prolongement.
Il nous appelle donc à une réflexion en profondeur sur la manière nous nous vivons notre humanité.
Dans les prochaines semaines, auront encore lieu des débats autour de la loi sur la fin de la vie.
 
Mgr Turini nous fait part du message envoyé par la conférence épiscopale de France que je me permet de vous lire à présent :
 
Après le Sénat, qui a voté contre, la proposition de loi sur l’ « aide active à mourir » est
revenue à l’Assemblée nationale. Depuis lundi, le texte qui est débattu entraîne
clairement notre pays sur la voie de l’euthanasie et du suicide assisté.
Loin de l’unanimité espérée par certains, ce sujet suscite d’immenses inquiétudes et de
vives oppositions, de la part de très nombreux soignants, patients, personnes âgées ou
avec un handicap. Nous, évêques de France, nous nous sommes largement exprimés sur
le sujet, en rappelant avec force la dignité inaliénable de toute vie humaine et en invitant
à accompagner la vie jusqu’au bout par le développement massif des soins palliatifs sur
tout le territoire : « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort. »
En communion avec le pape Léon XIV qui nous appelle à « défendre la dignité intrinsèque
de toute personne humaine alors même que notre monde peine à trouver une valeur à la
vie humaine, même en sa dernière heure », nous souhaitons inviter tous les
catholiques à une journée de prière et de jeûne le 20 février, premier vendredi de
Carême, pour que, par le jeûne et la prière, nous nous rendions toujours plus
disponibles au don de l’Esprit et que les consciences de tous, libres de toute
idéologie et précipitation, soient éclairées en vue du bien commun.
Dans notre marche vers Pâques, où nous fêtons la victoire de la vie sur la mort,
nous vous assurons de nos prières"

 

 Que notre carême soit ainsi orienté vers une conversion de nos attitudes personnelles, de nos comportements de la vie de tous les jours.
Le pape Léon nous invite à mener une vie plus sobre, plus simple, à nous abstenir de manière très concrètes des paroles qui heurtent et qui blessent, à apprendre à mesurer nos paroles, à cultiver la gentillesse, la bienveillance.
Combien il est important de réaliser que chacun de nous a une responsabilité qu’il peut exercer chacun à son niveau, selon ses possibilités.
Que chacun puisse ainsi voir ce qu’il peut faire pour rendre l’espace ou nous vivons plus humain, et faire en sorte qu’il reflète la présence du Dieu vivant, qui veut réaliser notre unité dans son amour et par son amour.